Comment préparer sa retraite en utilisant intelligemment le PEA et l’assurance vie : stratégies combinées pour 2026 et au‑delà

Comment préparer sa retraite en utilisant intelligemment le PEA et l’assurance vie : stratégies combinées pour 2026 et au‑delà

Préparer sa retraite en 2026 : pourquoi combiner PEA et assurance vie ?

Préparer sa retraite ne se résume plus à cotiser passivement à son régime obligatoire. Avec l’inflation, l’incertitude sur les pensions futures et l’allongement de l’espérance de vie, il devient indispensable de bâtir une véritable stratégie patrimoniale. Parmi les outils les plus efficaces en France, deux enveloppes fiscales se distinguent : le PEA (Plan d’Épargne en Actions) et l’assurance vie.

Ces deux dispositifs ne s’opposent pas. Au contraire, ils se complètent. L’un est idéal pour investir en actions européennes dans une optique de long terme, l’autre excelle pour la gestion de trésorerie, la diversification et la transmission du patrimoine. Utilisés ensemble, ils permettent de préparer une retraite plus sereine, plus flexible et mieux optimisée fiscalement, surtout à l’horizon 2026 et au‑delà.

Comprendre le PEA : un outil puissant pour dynamiser son capital retraite

Le Plan d’Épargne en Actions est avant tout un outil d’investissement en actions, adapté à une stratégie de croissance à long terme. Il est particulièrement pertinent pour les personnes qui commencent à préparer leur retraite au moins 10 à 15 ans avant l’échéance.

Caractéristiques clés du PEA pour la retraite

  • Orientation actions : principal support sur des actions et fonds d’actions européens, avec possibilité d’intégrer des ETF (trackers) pour diversifier facilement.
  • Plafond de versement : 150 000 € pour un PEA classique (hors plus‑values et gains), permettant d’accumuler un capital conséquent pour la retraite.
  • Fiscalité attractive après 5 ans : au‑delà de 5 ans, les plus‑values et dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu (mais restent soumis aux prélèvements sociaux).
  • Souplesse de retrait après 5 ans : possibilité de retirer tout ou partie des fonds sans clôturer le PEA, ce qui en fait un outil adapté à la phase de « décumulation » à la retraite.

Avantages du PEA dans une stratégie de retraite

  • Potentiel de rendement élevé grâce aux actions sur le long terme, permettant de lutter contre l’inflation.
  • Capitalisation des dividendes sans frottement fiscal pendant la phase d’épargne, ce qui amplifie l’effet boule de neige.
  • Souplesse à la sortie : vous restez libre de vos retraits, sans obligation de rente viagère.

Pour préparer efficacement sa retraite avec un PEA, l’horizon de placement est crucial. Plus la durée est longue, plus ce support a du sens. Une personne de 35 ou 40 ans qui projette sa retraite vers 65 ans peut ainsi bénéficier de 20 à 30 ans de croissance potentielle, ce qui fait du PEA un pilier majeur de sa stratégie.

Comprendre l’assurance vie : un couteau suisse pour la retraite et la transmission

L’assurance vie reste l’enveloppe d’épargne préférée des Français, et ce n’est pas un hasard. Sa combinaison de flexibilité, d’options de placement et d’avantages successoraux en fait un outil central pour préparer sa retraite et organiser son patrimoine à long terme.

Caractéristiques clés de l’assurance vie pour la retraite

  • Liberté de supports : fonds en euros (capital garanti) et unités de compte (UC) exposées aux marchés (actions, obligations, immobilier, ETF, etc.).
  • Fiscalité avantageuse après 8 ans : abattement annuel sur les gains retirés (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple), puis prélèvement forfaitaire plus doux.
  • Aucune limite officielle de versement : contrairement au PEA, les montants investis peuvent être très élevés.
  • Transmission optimisée : possibilité de désigner des bénéficiaires, avec un régime fiscal très avantageux en cas de décès (notamment pour les primes versées avant 70 ans).
Lire  « Les erreurs courantes à éviter lors de la planification de votre retraite »

Rôle de l’assurance vie dans une stratégie de retraite

  • Complément de revenus à la retraite par des rachats programmés (retraits réguliers) partiels.
  • Gestion du risque grâce au fonds en euros pour sécuriser une partie du capital, notamment à l’approche de la retraite.
  • Organisation de la succession en protégeant le conjoint, les enfants ou d’autres bénéficiaires de votre choix.

Contrairement au PEA, qui est avant tout pensé pour la performance des marchés actions, l’assurance vie est un véritable « coffre-fort flexible » qui accompagne toutes les étapes : accumulation du capital, sécurisation progressive, génération de revenus et transmission.

Pourquoi combiner PEA et assurance vie pour préparer sa retraite ?

Préparer sa retraite en 2026 et au‑delà implique de ne plus dépendre d’un seul outil. La combinaison PEA + assurance vie permet de profiter à la fois de la puissance des marchés actions et de la flexibilité d’une enveloppe plus sécurisée et transmissible.

Complémentarité PEA / assurance vie

  • Performance vs sécurité : le PEA mise sur la croissance à long terme, l’assurance vie offre la possibilité de sécuriser progressivement le capital via le fonds en euros ou des supports moins volatils.
  • Fiscalité différenciée : le PEA est optimal pour les plus‑values d’actions, l’assurance vie est idéale pour lisser la fiscalité des retraits et préparer la succession.
  • Liquidité et flexibilité : les deux permettent des retraits souples, mais avec des règles différentes. Les combiner permet de choisir à chaque moment la source de retrait la plus avantageuse.
  • Diversification des risques : ne pas concentrer tout son patrimoine retraite sur un seul type de support réduit les risques en cas de choc sur une classe d’actifs ou sur la fiscalité.

Ainsi, au lieu de se demander s’il faut privilégier le PEA ou l’assurance vie, il est souvent plus pertinent d’organiser une stratégie où ces deux enveloppes jouent des rôles complémentaires dans le temps.

Stratégies d’investissement combinées pour 2026 et après

Pour bâtir une stratégie solide de préparation de la retraite avec le PEA et l’assurance vie, il est utile de raisonner en trois phases : la phase de constitution, la phase de transition, puis la phase de retrait des revenus.

Phase de constitution (généralement avant 50 ans)

  • PEA orienté croissance : privilégier les ETF actions diversifiés en Europe (et éventuellement des fonds éligibles PEA investis hors Europe via des stratégies spécifiques), en investissant régulièrement (versements programmés mensuels).
  • Assurance vie dynamique : utiliser une part significative d’unités de compte (ETF monde, immobilier, obligations) tout en conservant une poche sécurisée sur le fonds en euros.
  • Objectif : maximiser la croissance du capital tout en profitant des intérêts composés, sur un horizon de 15 à 25 ans.
Lire  "Les impacts de l’inflation sur votre retraite : comment ajuster votre stratégie ?"

Phase de transition (environ entre 50 et 60 ans)

  • Sécurisation progressive sur l’assurance vie : augmenter la proportion de fonds en euros ou de supports moins volatils afin de réduire les risques de marché à l’approche de la retraite.
  • Maintien d’une poche actions dans le PEA : continuer d’investir en actions mais, si le capital est suffisant, réduire légèrement le risque (ETF plus larges, moins de paris sectoriels, diversification accrue).
  • Arbitrages réfléchis : profiter de bonnes années de bourse pour alléger légèrement le risque, sans tout vendre au mauvais moment.

Phase de retraite (à partir de 60–65 ans et au‑delà)

  • Utiliser les retraits programmés sur l’assurance vie pour compléter la pension : cette enveloppe permet d’ajuster le montant des retraits à vos besoins annuels, tout en profitant des abattements fiscaux après 8 ans.
  • Laisser travailler le PEA sur le long terme : plutôt que de vider le PEA immédiatement, vous pouvez poursuivre votre exposition aux marchés, en réalisant des retraits ponctuels lors des bonnes périodes de marché.
  • Adapter la répartition : au fil des années, augmenter la part sécurisée (fonds en euros, obligations de qualité) et diminuer l’exposition aux actifs très volatils.

Optimiser la fiscalité de sa retraite avec le PEA et l’assurance vie

La fiscalité est un élément central pour préparer efficacement sa retraite. L’objectif n’est pas uniquement de « gagner plus », mais surtout de conserver davantage de ce que vous avez gagné. La combinaison du PEA et de l’assurance vie permet de jouer intelligemment sur plusieurs leviers fiscaux.

PEA : fiscalité des retraits après 5 ans

  • Avant 5 ans : les retraits entraînent en général la clôture et une fiscalité plus lourde, d’où l’importance de respecter l’horizon de placement.
  • Après 5 ans : exonération d’impôt sur le revenu sur les gains, seuls les prélèvements sociaux (17,2 % actuellement, sous réserve d’évolutions d’ici 2026) restent dus.

Assurance vie : jouer avec les 8 ans et les abattements

  • Après 8 ans : abattement annuel sur les gains rachetés (4 600 € / 9 200 €), qui permet de sortir une partie de vos revenus avec une très faible fiscalité.
  • Prélèvement forfaitaire unique (PFU) ou barème : possibilité de choisir le mode d’imposition le plus avantageux selon votre tranche marginale d’imposition au moment de la retraite.

Stratégie combinée

  • À court terme : utiliser en priorité les abattements de l’assurance vie pour générer des revenus faiblement taxés.
  • À moyen et long terme : privilégier les retraits sur le PEA lorsque vous avez besoin de liquidités supplémentaires, afin de profiter de l’exonération d’impôt sur le revenu.
  • Adapter en fonction de votre tranche d’imposition : si vos revenus baissent fortement à la retraite, le choix entre PFU et barème progressif peut évoluer. Une revue régulière de la stratégie fiscale est alors pertinente.

Structurer ses versements entre PEA et assurance vie à partir de 2026

Pour les années à venir, une question pratique se pose : comment répartir ses nouveaux versements entre PEA et assurance vie ? Il n’existe pas de réponse unique, mais certaines lignes directrices peuvent aider.

Quelques repères pour orienter la répartition

  • Âge et horizon : plus vous êtes jeune, plus la part allouée au PEA (actions) peut être importante. À l’approche de la retraite, les versements peuvent se concentrer davantage sur l’assurance vie pour la sécurité et la préparation de la transmission.
  • Tolérance au risque : si vous supportez mal la volatilité, limitez la part du PEA et privilégiez une assurance vie bien diversifiée avec une forte composante fonds en euros.
  • Objectifs patrimoniaux : si la transmission est un enjeu majeur, l’assurance vie doit occuper une place centrale dans la stratégie.
Lire  "Les impacts de l’inflation sur votre retraite : comment ajuster votre stratégie ?"

En pratique, de nombreuses personnes choisissent une approche « hybride » : par exemple, 50 % des versements d’épargne longue sur le PEA et 50 % sur l’assurance vie avant 50 ans, puis un basculement progressif vers 30 % PEA et 70 % assurance vie à partir de 55–60 ans. Cette clé de répartition reste toutefois à adapter au cas par cas.

Points de vigilance et erreurs à éviter avec le PEA et l’assurance vie

Même si ces enveloppes sont puissantes pour préparer sa retraite, certaines erreurs récurrentes peuvent réduire leur efficacité.

  • Sous‑estimer l’horizon temporel : ouvrir un PEA pour le fermer 2 ans plus tard n’a guère de sens. Ces outils se déploient sur une décennie ou plus.
  • Sur‑sécuriser trop tôt : passer tout son capital sur un fonds en euros à 45 ans par peur des marchés actions prive de performance à long terme.
  • Concentrer tout son patrimoine sur un seul contrat : il peut être judicieux de diversifier entre plusieurs contrats d’assurance vie ou plusieurs établissements pour diversifier les frais, les supports et les assureurs.
  • Négliger les frais : frais d’entrée, de gestion, d’arbitrage sur l’assurance vie, ou frais de courtage sur le PEA, peuvent rogner les performances. Comparer les offres reste essentiel.
  • Ne jamais rééquilibrer : laisser un portefeuille dériver sans ajustement peut conduire à un risque excessif à l’approche de la retraite, ou à l’inverse à un excès de prudence trop tôt.

Éviter ces écueils et revoir régulièrement sa stratégie (tous les 1 à 3 ans par exemple) permet de rester aligné avec ses objectifs, son horizon et l’évolution des marchés financiers.

Se projeter au‑delà de 2026 : une retraite plus autonome grâce au PEA et à l’assurance vie

Les réformes successives des retraites et la pression budgétaire sur les régimes publics laissent présager un avenir où la part de la retraite par capitalisation individuelle prendra davantage d’importance. Dans ce contexte, le PEA et l’assurance vie apparaissent comme des outils incontournables pour qui souhaite garder le contrôle sur son niveau de vie futur.

En combinant un PEA orienté performance de long terme et une assurance vie utilisée comme moteur de revenus complémentaires et outil de transmission, il devient possible de construire une stratégie robuste, évolutive et adaptée à la réalité de 2026 et des années suivantes. L’essentiel est de commencer suffisamment tôt, d’être régulier dans ses versements, de surveiller les frais, et de faire évoluer progressivement la répartition entre risques et sécurité à mesure que l’on se rapproche de la retraite.

By Edouard